Abbatiale Sainte-Croix

Rédigé le 19/06/2023
Constance Pluviaud


UN LIEU

À l’origine de Sainte-Croix, il y a sans doute une petite communauté religieuse remontant au VIe siècle. Mais le monastère prend son véritable essor aux XIIe et XIIIe siècles grâce à de grands abbés bâtisseurs. À cette époque, les vocations affluent mais l’observance de la règle se relâche dangereusement. En 1196, le pape Célestin III décide que désormais « seraient seuls reçus religieux les personnes lettrées, de moeurs honnêtes et recommandées ». Malgré la mise en place de la commande (remise de l’abbaye à un « administrateur » ecclésiastique ou laïc, nommé « abbé commandataire »), le monastère continue de prospérer jusqu’à la Révolution ; la culture du vin procure aux moines, alors propriétaires de Château Carbonnieu, un revenu non négligeable. L’embellissement de l’église, la construction de nouveaux bâtiments et du grand orgue par Dom Bedos (1748) ne sont que les signes extérieurs d’une renommée également fondée sur la qualité de la vie spirituelle et intellectuelle des monastères mauristes. Les lois révolutionnaires ferment l’église et les bâtiments sont dévolus à un asile de vieillards. Devenue paroisse avec le concordat (1801), Sainte-Croix connaît une période de restauration entre 1860 et 1865 sous la direction des architectes Paul Abadie et Charles Burguet qui s’efforcent de lui rendre sa pureté première, dans l’esprit de saint Benoît.


UNE PRIÈRE

Comme elle tremble l’espérance, devant la pâleur et le froid de la mort, comme elle est fragile ! Qui, alors, a la certitude de la résurrection ? Que dans la mort je ne m’endorme pas. Tu illumineras mes yeux. Seigneur, tu m’éveilleras. Et j’irai m’asseoir sous les treilles éternelles où Dieu partage le pain, où il distribue le vin, équitablement, comme un père qui connaît les besoins de ses enfants.

Marie Rouanet,
Chemin de croix des prisonniers


UNE OEUVRE

Sur le pilier nord à l’entrée du chœur est accroché un Christ remarquable (bois de tilleul, H. 3,90 m - L. 1,70 m.). La restauration de cette oeuvre lui a rendu sa polychromie ancienne : parties anatomiques en couleur chair, périzonium (linge qui couvre la nudité du crucifié) avec une face bleue et une face rouge portant des traces de dorure). Lors de cette restauration, on a fait disparaître chevelure et couronne de bois… Le crâne est désormais nu, ce qui vaut parfois à cette statue une dénomination inexacte de « Christ chauve », alors qu’elle devait porter à l’origine une perruque de crin et une couronne tressée. Le réalisme de la chevelure supposée, l’absence de barbe, les pieds séparés (et non superposés) fixés chacun par un clou, sont des détails qui laissent supposer que ce Christ est d’origine étrangère, peut-être espagnole et qui autorisent à le dater du XVe siècle (J.-P. Méric).


OUVERTURE 
le vendredi après-midi de 14 h à 17 h, le dimanche de 9 h à 11 h (messe à 9 h 30), le 1er dimanche de chaque mois de 9 h à 17 h, le 3e dimanche du mois de 9 h à 13 h (sauf juillet / août).



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Crédit photo : Michel Wiedemann (vue intérieure)

 


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